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Les toponymies des langues minoritaires du nord et le problème des conditions sociolinguistiques parmi les Inuit et les Sámi

Toponymies of lesser-used languages: Issues of socio-linguistic conditions among Inuit and Sámi
Pages: 73 - 88
Auteur(s) / Author(s): Ludger Müller-Wille
Résumé:

Les Inuit comme les Sámi ont été affectés par l'expansion de systèmes étatiques coloniaux et de populations immigrantes, du sud vers leurs territoires dans l'Arctique canadien et le Grand Nord européen respectivement. Entre autres conditions socio-économiques, ces processus historiques ont eu pour résultat la superposition et souvent le remplacement de leurs toponymies aborigènes par des intérêts extérieurs imposant d'autres langues et noms de lieux. L'introduction discute des conditions sociolinguistiques des langues aborigènes au Canada et en Europe. Les situations y diffèrent en ce qui concerne la protection légale des langues minoritaires et aborigènes. En Europe, les droits linguistiques des minorités et des peuples indigènes sont protégés par des conventions et des lois, tant au niveau national qu'international. En fait, la situation des langues a dans l'ensemble été améliorée dans l'Union européenne. Dans la confédération canadienne, dont les langues officielles sont l'anglais et le français, il existe au niveau provincial et territorial des dispositions légales spécifiques pour les langues indigènes. Malgré cela, le niveau de protection de ces langues est très faible. L'analyse du maintien et du développement de leurs toponymies aborigènes, en tant que patrimoine culturel et linguistique, et qu'expression des relations entre humains et environnement, sert ici de cas illustrant les conditions sociolinguistiques chez les Inuit et les Sámi. Comme on l'explique ensuite, tant les Inuit que les Sámi se sont récemment appliqués à renverser le processus de remplacement linguistique, en développant des programmes favorisant le développement de leurs systèmes toponymiques intégraux. Des institutions tant inuit que sámi ont établi des programmes pour enregistrer et documenter leur toponymie orale et historique, en recourant à des technologies modernes pour produire des cartes et des répertoires. Ces programmes sont présentés et discutés dans l'optique de l'auto-détermination culturelle et des droits humains et linguistiques. En conclusion, on se demande si les communautés de langues minoritaires sont capables de maintenir, dans un contexte multiculturel et multilingue, l'espace fonctionnel nécessaire à la sécurité de leurs langues.

Abstract:

Both Inuit and Sámi have experienced the expansion of colonial state systems and immigrant populations from the south into their territories in Arctic Canada and northernmost Europe respectively. These historical processes have resulted, among other socio-economic conditions, in the superposition and often displacement of their aboriginal toponymy by external interests introducing other languages and place names. In the introduction this paper discusses the socio-linguistic conditions of aboriginal languages in Canada and in Europe. Both situations differ with regard to the legal protection of lesser-used, minority or aboriginal languages. In Europe the linguistic rights of minorities or aboriginal peoples are protected under conventions and by laws on the international and national level. In fact, the framework of the European Union has enhanced the position of languages in general. In the Canadian confederation, with English and French as official languages, specific legal provisions for aboriginal languages exist at the provincial and territorial levels. Still, the levels of protection are considerably weaker for these languages. As case studies the socio-linguistic conditions among the Inuit and Sámi are analyzed by focusing on the maintenance and development of their aboriginal toponymy as cultural and linguistic heritage and expression of human environmental relations. The paper explains recent practical efforts by both Inuit and Sámi to counteract the process of linguistic displacement by developing programs to enhance the development of their integral place name systems. Both Inuit and Sámi institutions have established programs to record and document their oral and historical toponymy, using modern technologies to produce maps and gazetteers. These programs are presented and discussed in the light of cultural self-determination and human and linguistic rights. In conclusion, the question is discussed if communities of lesser-used languages are able to maintain the functional space needed for the security of their languages within a multicultural and multilingual context.