Message d'erreur

You are accessing Revue Études Inuit Studies using an unencrypted connection. For your security, Revue Études Inuit Studies only supports account logins using a secure protocol such as HTTPS. You can switch to HTTPS by trying to view this page again after changing the URL in your browser's location bar to begin with "https" instead of "http". Please contact site admin for help if this error continues.

Changement lexical des langues yupik et inuit provoqué par le contact

Contact-induced lexical development in Yupik and Inuit languages
Pages: 285 - 305
Auteur(s) / Author(s): Anna Berge, Lawrence D. Kaplan
Résumé:

Le changement lexical des langues yupik et inuit a été relativement lent jusqu'à la période des vastes changements culturels engendrés par le contact avec les Européens au cours de ces derniers siècles, sans doute parce qu'il n'y avait eu, jusque là, que peu de contacts avec d'autres langues. La période coloniale a amené plusieurs groupes dans l'Arctique et différentes vagues de contacts de langues, principalement avec le danois, le français, l'anglais et le russe. L'emprunt lexical a été considérable et les premiers emprunts, souvent le résultat des tous premiers trocs, peuvent se distinguer des suivants et se rapportent souvent à la nourriture, au tabac, aux outils, aux tissus et aux autres domaines où de nouvelles denrées étaient introduites. Les emprunts plus tardifs sont apparus en grand nombre avec la mise en place des structures politiques européennes, et d'un point de vue phonologique, sont peut-être moins entièrement intégrés que les premiers. Nombre d'emprunts peuvent être présentés en tant que reflet de l'étendu du contact avec l'étranger comme c'est clairement le cas des langues d'Alaska qui contiennent des mots russes; les plus nombreux sont dans l'aléoute, langue parlée dans la région qui a connu une présence russe des plus importantes. De nouveaux termes religieux pour décrire le christianisme ont été introduits pendant la période coloniale, parfois comme emprunts mais aussi comme des relexicalisations de mots précédemment liés au chamanisme. Le néologisme est la troisième voie d'expansion lexicale où de nouveaux termes sont inventés, fondés sur les racines et les suffixes de la langue d'origine. Par conséquent, les langues et les dialectes peuvent développer des mots pour le même objet ou le même concept en empruntant aux langues européennes, en relexicalisant un mot ancien ou en créant un mot nouveau avec à chaque fois un résultat différent. Les différentes sources de ces nouveaux items lexicaux ont eu pour résultat un important niveau de différenciation parmi les langues et cette dernière se doit d'être identifiée.

Abstract:

Lexical change in Yupik and Inuit languages was relatively slow until the period of widespread cultural change brought about by contact with Europeans over the past few centuries, probably because there had been little earlier contact with other language families. The colonial period brought various groups to the Arctic and different waves of language contact, primarily with Danish, French, English, and Russian. Lexical borrowing has been significant, and old borrowings, often the result of early trade, can be distinguished from later ones and often pertain to food, tobacco, tools, fabric and other areas where new goods were introduced. Later borrowings came about largely when European political structures were set up and may be less thoroughly integrated phonologically than older borrowings. Numbers of borrowings can be taken to reflect the extent of the foreign contact, as is clearly the case with Russian words in Alaskan languages, most numerous in Aleut, which had the most sustained Russian presence. New religious terms to describe Christianity came into the languages during the colonial period, sometimes as borrowings, but also as relexicalizations of old words pertaining to shamanism. A third means of lexical expansion is coinage, where new terms are invented based on native roots and suffixes. The languages and dialects may thus develop words for the same object or concept by borrowing from different European languages, by relexicalizing an old word, or by coining a new one, with a different result in each case. Different sources for new lexical items have resulted in an important level of differentiation among the languages, and this differentiation needs to be recognized.