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Un siècle d’images filmiques de la Tchoukotka : Des premières expéditions cinématographiques au cinéma autochtone sibérien

A Century of Filmic Images of Chukotka: From the First Cinematographic Expeditions to Siberian Indigenous Cinema
Pages: 93 - 120
Auteur(s) / Author(s): Caroline Damiens
Résumé:

Cet article examine la représentation filmique de la Tchoukotka et de ses habitants depuis les premiers temps de l’image animée jusqu’aux films diffusés sur Internet. Ce siècle d’images filmiques de la Tchoukotka peut être divisé en trois grands moments. Le premier est celui du début du cinéma muet, où la Tchoukotka attire des opérateurs de divers horizons à la recherche d’images spectaculaires d’un bout du monde et de ses habitants « exotiques ». À partir de l’avènement du pouvoir bolchevique, et plus particulièrement de la période stalinienne, se met en place un répertoire de motifs globalement homogènes autour de la mise en scène de la libération des Tchouktches par le pouvoir. Le dernier moment, celui d’un cinéma autochtone de Tchoukotka, commence dans les années 1970 par le passage de l’écrivain tchouktche Iouri Rytkhéou au scénario, donnant naissance à un cinéma sibérien qui s’épanouira véritablement dans la période postsoviétique. Cette analyse sur le long terme permet de mettre au jour les ruptures et les continuités dans le régime de représentation, c’est-à-dire le répertoire d’images qui interagissent entre elles à un moment historique donné, de la Tchoukotka à l’écran. Elle permet également d’interroger dans sa complexité le long moment soviétique qui constitue une période où les Autochtones de Tchoukotka, souvent génériquement présentés comme Tchouktches, sont particulièrement présents sur les écrans et où, grâce à la politique soviétique de promotion des minorités, permet à l’un de ses représentant de passer derrière la caméra.

Abstract:

This article examines the filmic representation of Chukotka and its inhabitants from the earliest days of the moving image to the films distributed on the Internet. This century of filmic images of Chukotka can be divided into three main moments. The first is that of the beginning of silent cinema, when Chukotka attracted operators from various horizons in search of spectacular images of a faraway world and its “exotic” inhabitants. From the advent of Bolshevik power, and more particularly during the Stalinist period, a repertoire of globally homogeneous motifs was established around the staging of the liberation of the Chukchi by the authorities. The last moment, that of an indigenous cinema of Chukotka, begins in the 1970s with the shift of the Chukchi writer Yuri Rytkheu to the screenplay, giving birth to a Siberian cinema that will truly flourish in the post-Soviet period. This long-term analysis allows us to bring to light the ruptures and continuities in the regime of representation, i.e. the repertoire of images that interact with each other at a given historical moment, from Chukotka to the screen. It also makes it possible to question in its complexity the long Soviet moment in which the natives of Chukotka, often generically presented as Chukchi, are particularly present on the screen and in which, thanks to the Soviet policy of promotion of minorities, one of its representatives is able to pass behind the camera.