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The nursery game: Colonizers and colonized in the Canadian Arctic

The nursery game: Colonizers and colonized in the Canadian Arctic
Pages: 5 - 32
Auteur(s) / Author(s): Robert Paine
Résumé:

La vie des communautés nordiques actuelles est dominée par une confrontation de type colonial. Un colonialisme de plus en plus répandu dans le monde contemporain et qui diffère de celui des « anciens » empires coloniaux sous bien des aspects. On pourrait le qualifier de colonialisme de l'assistance (welfare colonialism) ce qui suggère les rapports qu’il entretient avec la problématique générale du centre et de la périphérie. En outre, le contexte dans lequel le colonialisme de l'assistance a des chances de survenir, rend son existence objective difficile à prouver. Ainsi l'attitude des blancs à l'égard des Inuit peut être (et est parfois) qualifiée de bien intentionnée plutôt que d'exploitation, de libérale plutôt que de répressive. Ces deux points de vue ont du vrai. Plus généralement, il s'agit donc de dévoiler un colonialisme non-avoué; l'approche adoptée considère le colonialisme comme fondé sur deux attitudes: les colonisateurs jouissent de privilèges illégitimes tandis que les colonisés sont dévalorisés de façon tout aussi peu légitime. En l'occurrence il s'agit de montrer que cet état de fait reste aujourd'hui caractéristique même au Canada où les Inuit sont pourtant les bénéficiaires de politiques d'éducation et de santé coûteuses; de montrer que les blancs sont de plus en plus conscients de cette situation, même s'ils ont du mal à l'admettre; de suggérer enfin quel le est la réaction des Inuit. On peut aussi décrire cette situation comme en étant une où la forme fait écran au fond, aggravant la confusion entre les motivations et les images de soi, à la fois chez les colonisateurs et les colonisés. Tout en reconnaissant que les blancs qui vont au Nord portent en eux - en tant qu'occidentaux et (parfois) que métropolitains - des dispositions qui les conduisent aisément au colonialisme, le trait le plus marquant reste bien le degré auquel ce colonialisme fut involontaire, accidentel même dans le Nord canadien. « Impérialistes à contre-cœur », c'est ainsi qu'un observateur [Wilkinson, 1959] décrivait l'armée des canadiens qui se rendirent dans le Nord à la fin de la guerre… armés de programmes.

Abstract:

To depict life in the northern settlements today, one has to recognize that it is dominated by a colonial encounter. Moreover, it is colonialism of a kind which is increasing prevalent in the contemporary world and different, in many important respects, from that of the « old » colonial empires. To give it a name, we can call it welfare colonialism which should also suggest, correctly, the connection it has with centre-periphery problems generally. The social scientist faces a particular problem here, it is that the context in which welfare colonialism is likely to take place makes its objective existence difficult to demonstrate. For example, white behaviour towards Inuit may be (and sometimes is) characterized as solicitous rather than exploitative, as liberal rather than repressive. Both descriptions hold true. In other words, we are apparently faced with the phenomenon of non-demonstrative colonialism. In general terms, the problem, then, is to demonstrate non-demonstrative colonialism; my approach is that colonialism is based on two illegitimate positions: the colonizers are illegitimately privileged whereas the colonized are illegitimately devalued. Specifically, the problem is to show how this state of affairs pertains, as I believe it does, even in present-day Canada where the Inuit are recipients of expensive educational and health programmes; to show how an administration that apparently wishes to increase Inuit control of their own affairs is, nevertheless, colonial; to show how whites increasingly sense this even though they are unwilling - or find it too difficult - to admit it; and to suggest how the Inuit respond. Another way of describing the situation is as one in which form obscures content, aggravating a confusion of motives and of images of « self » among both colonizers and colonized. While recognizing that whites who go north carry with them - if only as Westerners and (in some cases) metropolitans - dispositions that can easily lend themselves to colonialism, the more noteworthy feature about the Canadian north is still the degree that colonialism there was unintended, even accidental. « Reluctant imperialists » is how one observer [Wilkinson, 1959] described the army of Canadians who went north after the war armed with programmes.