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Système émique de substitutions intervalliques dans le chant personnel des Inuit Caribou

Système émique de substitutions intervalliques dans le chant personnel des Inuit Caribou
Pages: 21 - 34
Auteur(s) / Author(s): Ramon Pelinski
Résumé:

Cet article porte sur une comparaison entre des chants inuit enregistrés par C. Leden à Churchill (Manitoba) en 1914 et l'enregistrement de ces "mêmes" chants (interprétés en partie par les mêmes personnes) par R. Pelinski à Eskimo Point (T.N.O.) en 1977. Le but de ce travail consiste à établir un système émique de substitutions intervalliques fondé sur une analyse taxinomique distributive de ce corpus. On sait que les chanteurs inuit introduisent souvent des variantes des diverses concrétisations du même chant. Dans le corpus analysé, ces variantes apparaissent dès qu'un chant est exécuté à nouveau. Toutefois, ces variantes ne sont pas intentionnelles, c'est-à-dire que l'interprète ne les perçoit pas comme des variantes. Sont considérées émiquement identiques ces manifestations sonores qui semblent différentes pour la perception auditive de l'auteur, mais que les Inuit perçoivent comme le même chant. L'émicité des variantes s'établit donc empiriquement à un double niveau: celui de l'exécution et celui du jugement verbal qui, en tant que discours, constitue déjà un méta-niveau de validation. Il ne s'ensuit pas, cependant, qu'une taxinomie étique des variantes soit impossible. En effet, l'observateur extérieur, prisonnier de son logocentrisme occidental, peut néanmoins utiliser les critères de pertinence et les techniques d'analyse de sa propre culture musicale.

Abstract:

The article deals with the Inuit songs recorded by Chr. Leden in Churchill (Manitoba) in 1914 as compared to the recording of the "same" songs by R. Pelinski at Eskimo Point (Northwest Territories of Canada) in 1977 and sung partly by the same singers of the Leden collection. The object of this article is to establish an emic system of intervallic substitutions based on a distributional taxinomic analysis of that corpus of Inuit songs. It is known that Inuit singers frequently introduce variants of the various concretisations of the same song. In the corpus under examination, these variants are produced every time that a song is re-performed. However these variants are not intentional, i.e. they are not perceived as variants by the performers. Are considered as emically identical those sound-manifestations which are different for the auditory perception of the author, but which the Inuit consider to be the same song. Thus the emicity of the variants is pragmatically established through the agreement of the informants on a double level: the level of performance and the level of verbal judgement, which being a form of discourse constitutes a metalevel of validation. However, this fact does not preclude a taxinomy of the variants from an etic point of view, i.e. by means of relevance criteria and technical procedures of analysis which belong to the musical culture of the observer, prisoner of his own western logocentrism.