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The ideology and practice of blood feuds in East and West Greenland

The ideology and practice of blood feuds in East and West Greenland
Pages: 21 - 50
Auteur(s) / Author(s): Brigitte Sonne
Résumé:

L'obligation morale qui sous-tend la vendetta groenlandaise devrait logiquement impliquer une série interminable de revanches et contre-revanches entre les familles touchées. Toutefois, en pratique, la vendetta se terminait généralement par le premier meurtre de la revanche. La pratique de la vendetta au Groenland ne correspond donc pas à la définition de Pospisil dans laquelle une contre-revanche doit suivre la revanche. Au plan idéologique, par contre, à cause de l'obligation morale de se venger, on peut néanmoins recourir à la définition de Pospisil pour rendre compte de la pratique groenlandaise. L'idéologie de la vendetta se traduisait en partie par un certain degré d'insécurité sociale et par des actes dont le but était d'empêcher la revanche; ces deux aspects sont ici traités en relation avec le phénomène de la vendetta. Nous traiterons donc du contexte socio-culturel de ces actes préventifs. Nous traiterons également des changements d'attitude chez les Groenlandais christianisés à propos des effets possibles de la vendetta. La pratique de la vendetta concordait avec les attitudes sociales présentes dans la tradition orale qui témoigne aussi de la fin des vendettas avec la première revanche. Mais l'introduction du christianisme au Groenland modifia la représentation des vendettas qui étaient désormais prohibées. Cela se manifeste dans deux sagas d'origine récente où l'obligation morale de se venger donne lieu à un phénomène nouveau: la vendetta « héritée » se termine à l'intérieur du cadre de la famille elle-même. Cependant, malgré l'influence du christianisme, les sagas ne rejettent pas l'obligation traditionnelle de se venger. Cette obligation conserve ses aspects positifs en rapport avec des valeurs traditionnelles qui perdurent, malgré l'influence chrétienne.

 

Abstract:

Greenlandic blood feuds were based on a moral obligation which might logically imply endless feuds between the families involved. In actual practice, however, the feud normally ended with the implementation of the first murder of revenge. Ideologically speaking, however, there was a moral obligation to take revenge, implying the possibility of a continued feud after each murder of revenge. Pospisil's definition may be applied to Greenlandic practice. The ideology of blood feuds resulted partly in a certain social insecurity, partly in a number of actions intended to prevent revenge, both aspects to be treated in connection with the phenomenon of blood feuds. The socio-cultural background of these preventive actions constitutes one theme. Another theme is the change in the attitude of Christianized Greenlanders to the possible effects of blood feuds. The introduction of Christianity in Greenland produced a change of view with respect to blood feuds which are now prohibited. This appears from two sagas of fairly recent date where the moral obligation to take revenge gives rise to a new phenomenon: the "inherited" blood feud ending up within the framework of the family itself. However, in spite of Christian influence the sagas do not reject the traditional obligation to take revenge. This obligation has its positive aspects in connection with traditional values which retained their validity for several decades, Christian influence notwithstanding.