«Nunamiut» ou «Kabloonamiut»: quelle identité convient-elle le mieux aux Inuit?

"Nunamiut" or "Kabloonamiut": Which 'identity' best fits Inuit (and does it matter)?
Pages: 37 - 52
Auteur(s) / Author(s): George W. Wenzel
Résumé:

La signature de l'entente territoriale du Nunavut semble avoir été à la source d'un nouvel intérêt anthropologique (et d'un intérêt chez les Inuit du Nunavut) pour la caractérisation de l'identité inuit. Cela n'est pas surprenant car cela s'accorde bien avec les préoccupations plus larges de l'anthropologie d'aujourd'hui. Cependant, le questionnement sur l'identité inuit est loin d'être nouveau. Il existe une riche tradition d'identification et de ré-identification des Inuit dans le Nord canadien, d'abord grâce aux études sur l'acculturation, qui dominèrent la première partie (1950-1970) de la période d'administration gouvernementale, puis, de 1970 au début des années 1990, dans le cadre de la problématique de l'écologie culturelle, qui présentait les Inuit comme essentiellement, sinon intrinsèquement, adaptés à leur environnement biophysique et, par extension, socioculturel. Cet article, tout en revenant sur des thèmes anciens et parfois abandonnés, examine les implications conceptuelles des perspectives d'acculturation et d'adaptation, en tant que paradigmes opposés de l'identité inuit. Une première conclusion préliminaire voit ces deux concepts - comme ceux de tradition et de modernité - faussement opposés l'un à l'autre. La seconde conclusion est que ces références conceptuelles n'ont de sens fonctionnel que lorsqu'on les considère par rapport à ceux qui les utilisent, et aux circonstances de cette utilisation.

Abstract:

The signing of the Nunavut Land Claims Agreement seems to have precipitated a new wave of anthropological interest (as well as interest among Nunavut Inuit) in how best to characterize Inuit identity. That this should be occurring is not surprising, as it fits well with a wider trend within anthropology at the moment. On the other hand, the search for Inuit identity is far from novel. "Identifying," and "re-identifying," Inuit has a rich tradition in the Canadian North, first through the acculturation studies that dominated the early and middle years (ca. 1950-late 1960s) of the government era and then (from 1970 to the early 1990s) the cultural ecology view presenting Inuit as being essentially, if not quintessentially, adapted to their biophysical and, by extension, socio-cultural environments. This paper, while undoubtedly retracing old, and at time rejected, ground, will examine the conceptual implication of the acculturationist and adaptationist perspectives of Inuit as opposed paradigms of Inuit identity. One preliminary conclusion is that these two concepts, like those of tradition and modernity, have been, and still are, generally used in misplaced opposition to each other. A second is that these conceptual references only assume functional meaning when considered in the context of who is applying them and under what circumstances.