Politique interpersonnelle, recherche en sciences sociales et construction de l'identité inuit

Interpersonal politics, social science research and the construction of inuit identity
Pages: 101 - 119
Auteur(s) / Author(s): Edmund Searles
Résumé:

Un courant assez continu de voix postcoloniales, féministes et subalternes ne cesse de demander aux anthropologues de s'intéresser plus directement à la façon dont les rapports de pouvoir, de position et de privilège sont reproduits ou diminués dans la pratique de la recherche anthropologique et dans la production du savoir en anthropologie. Dans cet article, j'examine la manière dont la rencontre ethnographique, comme d'autres types de recherche, participe à la construction des identités inuit personnelles et collectives. Je m'appuie sur les récits de vie de trois Inuit qui essaient de réconcilier leurs identités personnelles avec une identité inuit collective. Je montre comment les efforts pour être Inuit impliquent différentes façons d'entrer en relation avec des symboles clés de l'identité inuit, y compris la chasse et la vie dans les camps. En montrant comment les actions et réactions des chercheurs influencent les choix et opportunités spécifiques d'individus, j'espère encourager le dialogue sur la façon dont la recherche en sciences sociales, en plus de constituer un élément assez permanent de la vie dans l'Arctique canadien, contribue à la construction des identités inuit contemporaines. Cet intérêt pour la production de l'identité à travers des expériences de terrain partagées peut être mis en parallèle avec un intérêt croissant concernant la façon dont le savoir à propos - et au service - des peuples autochtones est négocié et contesté dans divers contextes.

Abstract:

A rather stable and steady stream of postcolonial, feminist and subaltern voices continues to challenge anthropologists to address more fully how relationships of power, position, and privilege are reproduced or undermined in the practice of anthropological research and in the production of anthropological knowledge. In this article, I explore how the ethnographic encounter, as well as other types of research, are implicated in the construction of personal and collective constructions of Inuit identity. I draw on the life histories of three Inuit striving to reconcile their personal identities with a collective Inuit identity. I show how the project of being Inuit involves different ways of relating to key symbols of Inuit identity, including hunting and living at an outpost camp. In considering how the actions and reactions of researchers influence the specific choices and opportunities of individual Inuit, I hope to inspire more dialogue about how social science research, in addition to being a rather permanent feature of life in the Canadian Arctic, is implicated in the construction of contemporary Inuit identities. My interest in the production of identity through the shared experiences of fieldwork parallels a growing interest in exploring how knowledge about and for indigenous peoples is being negotiated and contested in different settings.