La présence inuit sur la Côte-Nord du Golfe St-Laurent à l'époque historique

La présence inuit sur la Côte-Nord du Golfe St-Laurent à l'époque historique
Pages: -
Auteur(s) / Author(s): Charles A. Martijn
Résumé:

Les données archéologiques et les documents historiques témoignent des mouvements de diverses populations inuit dans le golfe du St-Laurent, tant pour la période préhistorique qu'historique. La nature et la limite occidentale de cette expansion le long de la Côte-Nord durant la période de contact ont longtemps prêté à controverse. Les données ethnohistoriques disponibles analysées dans cet article suggèrent que des groupes inuit, descendants de la culture de Thulé, ont commencé vers 1580 A.D. à fréquenter sur une base saisonnière la région du détroit de Belle-Isle. Ils s'y rendaient d'abord à cause de la présence des pêcheurs européens, de qui ils obtenaient des objets de fer, de petits bateaux et d'autres articles par pillage et par commerce. Leurs relations étaient marquées au coin de l'hostilité. Le déclin de l'industrie baleinière des Basques espagnols dans cette région, vers 1620, donna aux Inuit libre accès vers le golfe du St-Laurent. Il est possible qu'une petite population inuit permanente ait résidé dans la région de la rivière St-Paul et de Blanc-Sablon, entre 1640 et 1690 A.D. Au cours de cette période, des expéditions saisonnières de chasse poussaient vers l'ouest le long de la côte, peut-être aussi loin que la région de Mingan en face de l'île d'Anticosti. Il s'ensuivit des contacts et des conflits croissants avec les groupes montagnais et micmac. Toutefois, l'utilisation flottante du terme « esquimaux », au cours du 17e siècle, pour désigner tantôt les Inuit, tantôt les bandes indiennes de langue algonquienne qui habitaient l'ouest du golfe St-Laurent, brouille notre compréhension de ces événements. A partir de 1660 A.D., l'octroi de concessions françaises le long de la Côte Nord provoqua le retrait graduel des Inuit. L'établissement du poste de traite fortifié de Courtemanche à Brador en 1705 mit pratiquement un terme aux incursions inuit dans le golfe St-Laurent.

 

Abstract:

Archaeological data and historical documents have provided evidence for various Inuit population movements into the Gulf of St. Lawrence during prehistoric as well as historic times. The nature and westernmost limit of this expansion along the Quebec North Shore during the post-contact period has long been a subject of controversy. The available ethnohistorical evidence examined in this paper suggests that around A.D. 1580 Inuit groups, descendants of the late prehistoric Thule Culture, began to frequent the Strait of Belle Isle region on a seasonal basis. A primary attraction was the presence there of European fishermen from whom they obtained iron objects, small boats and other items through plunder or trade. The relationship as such tended to be a hostile one. The decline of the Spanish Basque whaling activities in that region during the 1620's allowed the Inuit unhindered access to the Gulf of St Lawrence. A small permanent Inuit population may have resided in the St. Paul's River-Blanc Sablon region between A.D. 1640-1690. During this time period seasonal hunting parties penetrated westwards along the Quebec North Shore, possibly as far as the Mingan area on the mainland opposite Anticosti Island. This led to increasing contacts and conflict with Montagnais and Micmac groups. Our understanding of these events is hampered by the fact that throughout the 17th century the term "esquimaux" was applied not only to the Inuit but also to Algonquian-speaking Indian bands who inhabited the western part of the St. Lawrence Gulf. From A.D. 1660 onward the granting of French concessions along the North Shore led to the gradual retreat of the Inuit. The establishment of Courtemanche’s fortified trading post at Brador in 1705 virtually ended further incursions into the Gulf of St. Lawrence.