«C'est pas moi le grand chasseur, c'est ma femme»: le genre selon les Inupiat et selon l'anthropologie

"I'm Not the Great Hunter, my Whife Is": Inupiat and Anthropological Models of Gender
Pages: 55 - 74
Auteur(s) / Author(s): Barbara Bodenhorn
Résumé:

Les sociétés de chasseurs-cueilleurs ont souvent servi de référence aux discussions théoriques sur le genre. Cet article examine quatre thèses répandues dans la littérature anthropologique à propos de la position relative des hommes et des femmes (la chasse est l'apanage de l'homme; la société inuit est dominée par l'homme; le domaine public est contrôlé par l'homme; seuls les hommes «travaillent»).

L'ethnographie du North Slope Alaskan montre qu'aucun de ces modèles ne fonctionne pour les Inupiat car ils reposent sur des conceptions ethnocentriques de la chasse, du mariage et du genre. Par exemple, la chasse ne se réduit pas à la capture et à la mise à mort de l'animal, mais comprend de façon essentielle un ensemble d'activités techniques et symboliques où l'indépendance de l'homme et de la femme est fondamentale.

Abstract:

Hunther-gatherer societies have often been used to support theoretical discussions about gender relations. This article examines four models, widespread in the anthropological literature, about the relative position of men and women (men hunt; men dominate Inuit societies; men control the public sphere; men "work"). The ethnography of the Alaskan North Slope shows that none of these models works with the Inupiat as they are based on unexamined assumptions about the meaning of hunting, marriage and gender. For example, hunting cannot be reduced to the catching and slaughtering of animals, but rather includes a whole set of activities, both technical and symbolic, in which the interpedence of men and women is fundamental.