Contre l'hypothèse nominale en inuit

Arguments against the nominal hypothesis for Eskimo
Pages: 127 - 140
Auteur(s) / Author(s): David Lipscomb
Résumé:

Dans les langues inuit, l'accord de l'objet dans le cas des verbes transitifs rappelle les marqueurs personnels des désinences possessives. L'hypothèse nominale en conclut que les langues inuit n'ont pas de verbes. Cependant, des études typologiques montrent que plusieurs langues ont aussi cette caractéristique et qu'on peut de surcroît expliquer le développement de ces similitudes de formes et de positions. L'hypothèse nominale n'arrive pas à rendre compte des différences dans les désinences nominales et verbales, ni de la signification du mode verbal. Comme en anglais, le groupe nominal en inuit a aussi un aspect de phrase. Cela ne milite pas en faveur de l'hypothèse nominale mais donne simplement une raison de plus pour adopter une analyse classique du marqueur personnel comme élément dominant dans un groupe nominal et du mode (avec les morphèmes d'accord) comme élément central du verbe.

Abstract:

Object agreement in transitive verbs resembles person-markers as possessive endings in Eskimo languages. While the nominal hypothesis supposes that this is sufficient evidence to suggest that Eskimo languages lack verbs, typological studies indicate that not only do many other languages exhibit this trait, but the development of the similar forms and positions of the markers can be accounted for. The nominal hypothesis fails to characterize the differences in nominal and verbal postbases and the significance of verbal mood. Like English, Eskimo noun phrases have a sentential aspect. This is not evidence for the nominal hypothesis but merely more reason to trust a straightforward analysis of person-markers as heads in nominal constructions and the mood plus agreement morphemes as verbal (and clausal) heads.