Ekven: l'art préhistorique béringien et l'approche russe de l'origine de l'esquimau

Ekven: Beringian prehistoric art and Russian approach to the Eskimo origin
Pages: 5 - 59
Auteur(s) / Author(s): Mikhail Bronshtein, Patrick Plumet
Résumé:

La richesse de la productivité biologique des eaux béringiennes peut expliquer que la culture esquimaude se soit formée autour du détroit de Béring. Les Danois, les Nord-Américains et les Russes ont recherché, avec des approches différentes, l'origine de l'Esquimau soit en Alaska, soit en Sibérie. Ces approches sont comparées et l'importance des cultures béringiennes préhistoriques, d'abord découvertes à l'île Saint-Laurent et aux îles Punuk, puis en Tchoukotka, est soulignée en montrant que les fouilles récentes effectuées à Ékven conduisent à modifier leur chronologie relative. Les riches décorations des éléments du harpon béringien semblent refléter la nécessité d'exprimer les différents niveaux d'appartenance socio-culturelle des groupes qui avaient convergé vers les rives du détroit de Béring et devaient se partager de riches territoires de chasse. À l'inverse, dans un contexte géographique opposé, les groupes paléoesquimaux aussi bien que néoesquimaux qui se dispersèrent dans l'Arctique oriental, ont cessé de décorer leurs instruments de chasse. Plutôt que d'afficher leurs différences, ils semblent avoir éprouvé le besoin de maintenir une certaine cohésion culturelle en dépit de la distance. Les fouilles d'Ékven, qui ont repris avec une équipe internationale, devraient être l'occcasion d'impliquer les autochtones dans l'interprétation et la mise en valeur du patrimoine archéologique, mais aussi d'orienter les recherches dans de nouvelles directions.

Abstract:

The remarkable biological productivity of Beringian waters may explain why Eskimo culture has been formed around Bering Strait. Danes, North Americans and Russians have looked, albeit with different approaches, for the origin of the Eskimo either in Alaska or in Siberia. These approaches are compared and the authors underline the significance of prehistoric Beringian cultures, first discovered at St. Lawrence Island and Punuk Islands, and then in Chukotka (and whose relative chronology has been modified by recent digs at Ekven). The rich decorations on some elements of Beringian harpoons seem to reflect the need to express various levels of sociocultural identity for those groups who had been attracted to the plentiful hunting grounds of the Bering Coast. Conversely in an opposite geographic context, Paleo-Eskimo as well as Neo-Eskimo groups who moved throughout the eastern Arctic stopped decorating their hunting implements. Rather than stressing their differences, they seem to have felt the need to maintain a cultural cohesion despite the fact that they were scattered on a vast territory. The digs at Ekven that have been recently resumed with an international team should provide the opportunity to involve Natives in the interpretation and promotion of archaeological heritage as well as open up new paths for future research.